Dans ce chapitre sont énoncés les exigences auxquelles doivent répondre les procédés éligibles pour le paiement sur Internet. Ces exigences sont le fruit d'une maturation des idées, qui s'est effectuée au cours des dernières années. De nouvelles exigences apparaîtront peut-être, mais l'ensemble de la communauté Internet s'entend aujourd'hui sur celles qui suivent.
Un procédé technique touchant à une fonction aussi
essentielle et aussi répandue que le paiement, ne saurait connaître
des débuts laborieux. La crédibilité est une vertu
essentielle en cette matière. Le procédé doit s'imposer
comme une évidence incontestable.
Un processus classique de pénétration concurrentielle du
marché ne peut réaliser cet objectif, car le temps de maturation
du marché serait peut-être de 10 années au cours desquelles
bien des positions acquises pourraient être remises en cause et bien des
investissements gaspillés. Les principaux acteurs mondiaux devront donc
engager un processus rapide sous forme de cercle vertueux, dans lequel acheteurs
et commerçants s'équiperont simultanément des systèmes
nécessaires.
Il faut que l'investissement, particulièrement celui du commerçant
soit faible, simple à réaliser et durable.
Les systèmes
informatiques impliqués doivent être conformes à un standard
unique et public (une norme, donc). Ce faisant, ils seront universels,
concurentiels et bon marché.
Les acheteurs et les commerçants doivent avoir entière confiance
dans le procédé qu'ils utilisent.
Dans le contexte d'Internet et de l'informatique domestique, il faut
compter avec de fréquentes défaillances des systèmes
informatiques.
Il est impératif que les transactions soient atomiques, c'est à
dire qu'elles s'effectuent en totalité et à l'entière
satisfaction des parties ou pas du tout. Toute entorse à se principe
(souvent désigné « intégrité de la transaction »)
ruinerait la crédibilité du procédé.
Pour limiter les escroqueries, l'acheteur doit être en mesure de s'assurer de l'identité du commerçant. Il faut donc que celui-ci soit référencé auprès d'un organisme digne de foi, qui se porte garant vis à vis de l'acheteur et offre une voie de recours en cas de litige.
L'acheteur doit être en mesure de conserver un document valable juridiquement, certifiant de façon définitive toutes les caractéristiques de la transaction : identité des parties, substance, montant et dates.
Avec beaucoup de retard, les industriels et les techniciens ont fini par prendre conscience de l'acuité des questions de confidentialité, dès que l'on pénètre dans la télématique. Les solutions « à peu près convenables » que l'on connaît dans le monde réel ne sont pas acceptables dans l'univers électronique où la faculté de nuire est à la mesure des possibilités techniques.
La substance de la transaction ne doit être connue que de l'acheteur et du commerçant.
Vis à vis du commerçant, l'acheteur ne souhaite pas nécessairement
se faire connaître. On veut par exemple éviter que le commerçant
n'exploite un registre de ses clients.
Il y a également un enjeu légal, car un problème
crucial de liberté publique se pose sitôt qu'un organisme s'arroge
la prérogative d'identifier les personnes physiques. Cet enjeu est décuplé
avec le passage à la télématique, qui permet de collecter
et fusionner le informations en provenance de sources multiples. La législation
de certains pays, tels les états de l'Union Européenne, est à
cet égard explicite et impose un monopole de l'état civil.
Tout organisme voulant offrir des facilités de paiement doit vérifier
que son procédé se contente d'identifier le bénéficiaire
de ses services et non la personne physique. On manipule par conséquent
un numéro de compte client et non un état civil.
Le seul souci légitime du commerçant est d'être payé. Le système doit donc être en mesure de fournir cette garantie tout en masquant la situation du compte de l'acheteur. La position des organismes internationaux de carte bancaire est ici avantageuse, car ils peuvent masquer jusqu'à la provenance géographique des fonds.
Pour des raisons de sécurité, l'acheteur ne souhaite pas non plus
que son identité bancaire soit révélée au commerçant.
Les systèmes électroniques peuvent présenter à cet égard
un avantage sur les systèmes actuels de cartes et de chèques et
procurer la même confidentialité que l'argent liquide.
Dans la version électronique du paiement, plutôt que de présenter
sa carte de crédit ou un chèque signé au commerçant,
l'acheteur va transmettre à sa banque des instructions de paiement.
Ainsi, le commerçant ne reçoit juste qu'une approbation de l'opération.
Les organismes financiers opérant à l'international ont quelques obligations en matière judiciaire, en particulier dans la lutte contre le blanchiment d'argent. Certains états (en fait, les organismes de contre-espionnage) désirent également être en mesure de surveiller tous les échanges qui s'effectuent au travers de leurs frontières.
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